En octobre 2021, Mark Zuckerberg et Facebook font leur entrée (tonitruante) dans le monde du métavers. Le concept ? Offrir, entre autres, des espaces publicitaires dans un monde virtuel privé. Microsoft propose lui, des espaces de travail, où des avatars se réunissent dans des lieux de réunion virtuels. Et d’autres solutions innovantes sont en cours d’émergence, qui s’intégreront à cet écosystème. Pourtant, la question se pose : quelles infrastructures seront en mesure de supporter cette ruée vers le métavers ?

Les géants de la tech que sont Méta (Facebook), Microsoft, et Google, ont décidé d’investir un domaine où des entreprises historiques du jeu comme Sandbox, Roblox ou Epic Game, ont développé depuis plus de vingt ans des environnements virtuels avec les technologies de réalité augmentée et de réalité virtuelle. S’y ajoutent également les écrans MicroLED, l’eye tracking (ensemble de techniques permettant d’enregistrer les mouvements oculaires) ou encore le hapting, pour la détection des mouvements du corps. En bref, des technologies indispensables pour une expérience totalement immersive. Indispensables mais aussi très gourmandes…

Quelles contraintes ?

Faire fonctionner un métavers suppose de passer par une infrastructure offrant une très faible latence (de l’ordre de 30 millisecondes, là où 150 suffisent pour de la visioconférence), une bande passante de plusieurs dizaines de térabits par seconde, qui n’est atteint que très exceptionnellement aujourd’hui, et une capacité de calcul qui va bien au-delà de ce que les datacenters actuels sont capables de produire.

Il apparaît donc de plus en plus évident que l’infrastructure actuelle ne sera pas suffisante. Méta a d’emblée annoncé des investissements massifs dans des datacenters hyperscale à très haut potentiel. Mais le nombre de datacenters hyperscale, estimé à 600 aujourd’hui, pourrait ne pas suffire. D’autant que toutes ces infrastructures devront être utilisées conjointement, par d’autres technologies en plein essor comme l’Intelligence artificielle, le Big Data ou l’IoT.

Il y aura aussi les enjeux énergétiques…

La contrainte technologique croise également les enjeux climatiques et énergétiques. La consommation d’électricité a déjà été multipliée par 25, entre 2010 et 2018. L’arrivée du métavers et des autres technologies précitées, comme l’intelligence artificielle, le big data, les technologies blockchain, rend évidente une augmentation encore plus marquée de la consommation d’énergie, liée aux datacenters. Pour le seul bitcoin, la consommation d’électricité était estimée à 0,5% de la consommation totale en 2021. Or, le métavers ne pourra pas se passer d’une utilisation massive des crypto-monnaies. Ce qui rend d’autant plus nécessaire le recours à des énergies renouvelables ou à des solutions moins gourmandes en énergie.

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